Mythes Sexuels Courants | 8 Idées Fausses

Les mythes sexuels courants ont une telle importance dans notre inconscient collectif qu’ils ont façonné notre vision de la sexualité. Que ce soit par votre expérience ou par des dires, cela ne reflète en rien la réalité des choses. Aujourd’hui, nous allons nous focaliser sur certaines idées reçues concernant notre rapport au sexe. C’est le moment de démanteler tout ça en huit points !

Mythes sexuels courants : 8 croyances sexuelles

Des clichés sexuels, il en existe énormément. Certains sont très spécifiques et dédiés à un seul type de sexe, d’autres sont plus généraux et concernent tout le monde. Dans cet article, nous allons nous concentrer sur les on-dit généralistes. De quoi explorer le spectre humain dans les grandes largeurs !

1- Le sexe commence avec la pénétration

Dans l’imaginaire collectif, la partie de jambes en l’air et les festivités commencent quand le pénis entre dans le vagin de madame. Si cela correspond effectivement à l’acte le plus complet qu’on se fait d’une relation sexuelle, ça ne concerne pas toute la sexualité, loin de là. Il est bon de rappeler que nous avons tous une sensibilité différente et que le sexe englobe divers domaines tels que l’érotisme, le fantasme, la masturbation, les caresses, etc. On pourrait penser que cette façon de voir est purement masculine, mais il n’en est rien. Beaucoup de femmes ont également appris à faire l’amour avec la pénétration comme point de départ et de repère absolu. Quoi qu’il en soit, le sexe commence dès l’instant où le cerveau y pense et lorsque les corps s’envisagent. Et oui, ça remonte loin !

2- Programmer sa sexualité nuit au désir

La monotonie est inévitable en couple. Pour la combattre, beaucoup de couples redoublent d’efforts dans des activités, des pratiques nouvelles, l’achat de jouets, etc. La recherche constante de nouveauté peut vite épuiser. Et si une des alternatives était parfois de simplement se mettre d’accord sur un horaire ? Cette façon de faire semble ennuyeuse à mourir et encore plus monotone, mais il n’en est rien ! Cela ne détruira pas votre libido, bien au contraire. Il vaut mieux s’organiser en amont et profiter de l’excitation grimpante jusqu’à l’heure tant attendue rien qu’en y pensant, plutôt que de faire ça quand on peut, c’est-à-dire le soir en étant crevé. Cette option est particulièrement efficace quand il y a des enfants à la maison !

3- La même technique fonctionne partout

Ce serait arrogant de penser qu’il suffit de faire la même chose sur tout le monde pour donner du plaisir. Nous avons tous un corps différent et des sensibilités uniques. Ce qui fonctionne sur un partenaire ne fonctionnera pas sur un autre. C’est quelque part rassurant et excitant, car on apprend de plus en plus et on communique. Savoir donner passe par la capacité à s’ouvrir à l’autre, ça demande de l’empathie. On ne peut pas décemment penser qu’il suffit de faire son truc de son côté et attendre de bons résultats. Certaines personnes préféreront les préliminaires, d’autres au contraire seront plus dans la pénétration, d’autres dans les mots crus, etc. La façon de faire, le rythme, tout est sujet à des changements potentiels.

4- Ma libido a changé, donc je n’aime plus mon partenaire

En amour, on se dit que le désir doit aller de pair avec les sentiments. Si cet alignement est optimal et qu’il est souvent vrai, cela ne va pas de soi systématiquement. Il suffit d’une fois pour en douter et sérieusement fissurer la stabilité du couple. Pas de panique ! Les aléas de la vie font qu’il devient de plus en plus compliqué de lâcher prise. Le stress, les médicaments liés aux soucis de santé, la fatigue… Tout cela participe à faire baisser la libido. Maintenant, cela n’est pas lié à l’amour que vous portez à l’autre. C’est important de le dire pour rassurer. On relève souvent néanmoins que si la libido chute drastiquement et qu’il n’y a aucune connexion avec les causes citées plus haut, c’est que le couple a peut-être un souci. Il est donc essentiel d’en parler au plus vite. On rappellera enfin que le sexe est un excellent élixir contre le stress justement…

5- L’alchimie sexuelle suffit, pas besoin de communiquer

Quelle erreur ! Ce serait comme dire qu’il n’y a pas besoin de vérifier l’état d’une voiture avant l’achat si on la trouve suffisamment belle. On ne peut pas tout savoir de quelqu’un juste en ressentant les choses. Les besoins et les envies sont des jardins secrets dont l’entrée est logiquement cachée. Même si vous partagez de bonnes ondes et une compatibilité certaine sur le plan charnel, ça ne mange pas de pain d’échanger. On s’améliore uniquement par le dialogue et l’expérimentation. 

6- La performance compte plus que tout

Un des mythes sexuels courants les plus tenaces, surtout chez les hommes. Le porno a une grande part de responsabilité dans cette prépondérance. Il faut tenir longtemps, il faut faire jouir plusieurs fois, il faut être capable de faire plein de positions, il faut être endurant et musclé, etc. Si cela peut faire l’affaire dans des sessions sexuelles où les deux personnes ont cette envie, ce n’est pas le cas pour la sexualité dite normée. Le besoin de performance n’a pas sa place dans le sexe quotidien. Déjà car c’est un leurre de penser que c’est faisable, et ensuite car ce n’est pas enviable. Le sexe est un partage, une connexion spirituelle et charnelle, un déploiement des sens, une déconnexion également. Vouloir être dans la performance, c’est se focaliser sur des éléments techniques, ce qui n’a rien à faire sous la couette !

7- Un acte sexuel réussi se définit ou se termine par un orgasme

Encore une fois, les films X ont démocratisé cette idée. Les spasmes éjaculatoires de monsieur sonnent le glas de l’acte sexuel, ou madame doit absolument jouir sinon ce n’est pas la fin… Comment vous dire que c’est complètement faux ! Un homme peut très bien ne pas éjaculer et prendre du plaisir, tout comme une femme n’est pas dans l’obligation d’avoir un orgasme pour prendre son pied. Signalons dans un premier temps que l’orgasme n’est pas forcément synonyme de plaisir émotionnel. C’est une réaction physiologique avant tout liée à des stimulus sexuels. Dans un second temps, il est insensé de se dire que chaque rapport peut contenir un orgasme, surtout du côté des femmes. C’est quelque chose qui ne se contrôle pas forcément et qui peut prendre beaucoup de temps pour arriver, surtout avec un partenaire qui ne connaît pas le corps de madame. Ne faites pas de ce moment un laboratoire d’expériences mécaniques. Se concentrer sur l’orgasme émotionnel est déjà bien plus raisonnable.

8- Se masturber seul en couple signifie qu’il y a insuffisance sexuelle

La question de la masturbation est un sujet tabou, c’est le moins qu’on puisse dire ! Pour autant, et ça devrait rassurer beaucoup de monde, il n’y a pas de lien concret entre cette activité solitaire et la frustration. Il existe des cas bien évidemment où la personne le fait pour combler un vide, ou bien elle en profite quand le partenaire n’est pas là. Cela peut causer des soucis car quand l’autre personne veut le faire, vous serez déjà satisfait. Mais en règle générale, cela traduit plutôt un besoin, une habitude, la manifestation d’un jardin secret. Maintenant, il est bon de rassurer si le sujet vient sur la table, et pourquoi pas de faire participer l’autre de temps en temps ?

Un couple qui exploite sa sexualité contre les idées reçues sexuelles.

Idées fausses sur la sexualité : pourquoi en a-t-on ?

Les mythes sexuels abondent notre esprit de façon naturelle. Cela peut s’expliquer par la facilité qu’il y a d’admettre des vérités générales, au lieu de faire l’effort de creuser un sujet. Il est plus confortable de se persuader d’un fait, surtout quand ça va dans notre sens, plutôt que d’aller déterrer une vérité plus complexe. C’est notamment le cas quand on veut justifier un échec sexuel ou des mauvaises expériences du passé. Attention également aux personnes véhiculant ces fausses idées. Elles le font en général pour se rassurer.

Démystification des idées préconçues sur le sexe

Pourquoi est-ce important de nuancer les choses voire de se rendre compte de leur fausseté ? Tout simplement car rester dans l’ignorance est la meilleure façon pour vous de stagner, voire de reculer dans vos relations sexuelles. En nourrissant ces idées toutes faites, vous pourriez perdre quelqu’un ou ne jamais arriver à avoir des relations sexuelles, ou des relations épanouissantes tout court. Encore une fois, ce qui s’applique à la majorité n’est peut-être pas votre cas. Dans cette situation, à vous de faire la part des choses mais également de vous adapter à la personne en face.

Préjugés sexuels : quelle différence entre les sexes ?

Les hommes ont des clichés surtout liés à la performance, à leur pénis, et également à la vision de la sexualité au sens global. Le porno est bien souvent leur première porte d’entrée dans le monde de la sexualité, ce qui génère ce décalage assez flagrant. Concernant les femmes, il y a bien évidemment la vision absolue de l’homme qui a toujours envie et qui doit éjaculer pour avoir du plaisir, etc. Il y aussi des idées plus personnelles, notamment concernant l’orgasme, le clitoris, l’apparence du corps, et le sexe en étant enceinte.

Les mythes sexuels courants n’ont pas fini de déverser leurs fausses idées. À vous de les combattre, de les nuancer, et de les adapter à votre propre sexualité. Pour aller plus loin, l’art de faire l’amour à un homme et l’art de faire l’amour à une femme sont des formidables portes d’entrée pour justement lutter contre les clichés !